15 avril 2011

Mon bourdon

Au loin un chat-huant plane vers son nid, hululant à la nuit qui s’enfuit.
Déjà deux heures que je marche dans La solitude et la brume, l’obscurité qui m’apaise, l’odeur de la terre mouillée.

Comme s’il attendait mon passage, il est là appuyé à un saule têtard, ses pieds baignant dans l’Avre, valant toutes les eaux bénites stagnant en hypocrites rites.
Point question de nombre d’or, nous scellons l’un à l’autre notre sort.

J’allonge ma main pour m’en saisir.
Arme dérisoire ami de bois, il sera mien tout l’été sur les chemins en terre étrangère.

Demain Je graverai sur son liber, mon nom et la date du départ : quinze juin deux mille onze.
J’y marquerai au fil des jours ma sueur et mes souvenirs.

Quand je reviendrai, je l’oublierai au solier.
Et longtemps après, quand je ne serai plus, quand sera le temps de vider ma maison, il racontera notre voyage aux sourds déménageurs qui le jetteront au brasier de l’oubli.

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